La formation des artisans en grand danger

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Message  Invité le Sam 12 Sep - 18:00

La formation des artisans en grand danger


Le naufrage de l'enseignement professionnel met en danger les savoir-faire français. Pâtissiers, menuisiers ou plombiers compétents sont une espèce en voie de disparition.


Il est 14 heures et le service bat son plein dans ce restaurant de Tours. Mais le commis rassemble ses affaires. Il a effectué ses heures, et son père l'attend dehors pour vérifier qu'il n'est pas exploité par son nouvel employeur. La scène est classique. Des jeunes sortant de lycée professionnel sans connaître les bases du métier, et sans la moindre motivation pour l'exercer. Mais parfaitement experts en droit du travail. Patron d'une petite entreprise de bâtiment, Michel Terrier se souvient d'un jeune sortant d'un CAP de couvreur : «Sur le premier chantier, nous l'avons vu blanchir, raconte cet homme désabusé. Il avait un vertige épouvantable. Mais il ne s'en était pas rendu compte lors de sa formation : par mesure de sécurité, on ne les faisait pas monter sur des toits mais sur des plans inclinés au ras du sol. Deux ans de perdus pour lui, pour la collectivité. Il s'est trouvé un petit emploi dans un supermarché.»

Luc Chatel l'a martelé
: son ambition est de «revaloriser les filières professionnelles». Une urgence pour la nation, puisque ces filières accueillent un jeune sur trois. 703 000 en lycée professionnel, dont 180 000 dans des établissements privés, et 400 000 en apprentissage. Ces jeunes sont les futurs artisans qui entretiendront nos maisons, répareront nos voitures, nous coifferont et nous nourriront. Ils sont ceux qui perpétueront des savoir-faire dont la France s'honore : tapisserie, ébénisterie, pâtisserie ou dorure sur bois. Mais ils sont les mal-aimés du système scolaire, ceux dont les enseignants ont dit «il faut l'orienter» - n'importe où, d'ailleurs, vers un de ces métiers que les professeurs ne connaissent pas.

La réforme du bac pro y changera-t-elle quoi que ce soit ? Le diplôme est délivré en trois ans, au lieu de quatre, pour mieux attirer les élèves qui s'arrêtaient jusque-là au CAP, voire les pousser jusqu'à des études supérieures. Première victoire selon la Rue de Grenelle : le taux mirobolant de réussite au baccalauréat 2009 s'explique par le grand bond en avant des filières pro, passés de 77 à 87 % de réussite grâce à l'introduction d'un oral de rattrapage. La quantité ferait-elle la qualité ?

Destruction des savoirs professionnels

Revaloriser les filières professionnelles alors que la loi d'orientation sur l'école se donne comme objectif 50 % de diplômés du supérieur et que les politiques ne jurent que par «l'économie de la connaissance» relève de la gageure. Bernard Glatigny est menuisier. Il est l'auteur de Vers une France sans artisans (Albin Michel), un ouvrage qui explore tous les renoncements menant à la destruction des savoirs professionnels. «J'en veux aux conseillers d'orientation, s'énerve-t-il. On a conçu un système où tous les jeunes sont condamnés à faire des études supérieures. On garde les plus mauvais pour les métiers manuels. Il y a des jeunes brillants, qui ont un projet, et qu'on dissuade d'aller en formation professionnelle.»

L'orientation relève des professeurs de collège et des conseillers d'orientation, qui ne connaissent pas le monde de l'entreprise, et en ont une vision souvent curieuse… Le cuisinier Alain Chaplin, propriétaire du Moulin Fleuri à Veigné (Indre-et-Loire), se souvient par exemple d'avoir lu sur la fiche d'orientation d'un de ses stagiaires : «Tout juste bon pour l'hôtellerie.» Idéal pour motiver un jeune.

Christian Morfaux était professeur certifié en lycée professionnel avant de monter son entreprise de métallerie. «J'amenais les professeurs de français visiter nos élèves lors de leurs stages en entreprise, raconte-t-il. Ils étaient horrifiés. Ils les voyaient noirs de suie. Pour eux, c'était Zola. Ils ne comprenaient pas le plaisir, la fierté, de devenir quelqu'un de capable, de fabriquer quelque chose.» Par-delà les déclarations du ministère de l'Éducation nationale sur «l'égale dignité» des filières professionnelles, la politique d'allongement des formations révèle l'incompréhension de l'institution à l'égard du monde de l'artisanat.

«J'ai quitté l'Éducation nationale, explique Christian Morfaux, parce que les inspecteurs voulaient toujours plus de théorie. Forcément, un bout de craie et un tableau coûtent moins cher que des machines. Mais ce n'est qu'en se mettant devant l'ouvrage qu'on se confronte au réel. Dans un atelier, quand un geste est mal fait, ça ne pardonne pas.»

Bernard Glatigny, pour sa part, est encore plus sévère. «Le niveau de formation est nul, tranche-t-il. L'an dernier, un candidat au bac pro sur dix tenait la route. Nous avons eu une réunion avec le recteur : 85 % ont été reçus. On leur donne le diplôme, ce qui les fait monter mécaniquement dans la grille de salaire. Ils “valent” 1 500 euros net par mois, mais ils sont parfaitement incompétents. Au bout d'un mois, ils abandonnent parce qu'ils ne s'en sortent pas.» De fait, à l'époque où ces artisans ont préparé leur CAP en lycée professionnel, il se faisait en trois ans, avec neuf mois de stage. Aujourd'hui, il se prépare en deux ans, dont trois mois et demi de stage.

Tous les artisans et entrepreneurs, bien sûr, ne sont pas aussi sévères avec les lycées professionnels. Mais beaucoup plébiscitent l'apprentissage, tout en reconnaissant qu'il peut y avoir des ratés, mauvais tuteurs, apprentis livrés à eux-mêmes… Leur argument : la formation est mieux adaptée aux réalités du terrain. Encore faut-il s'entendre sur la notion d'adaptation.

Le cas du CAP de cuisine est emblématique des errances d'une formation professionnelle qui veut à tout prix répondre aux demandes des grandes entreprises, quitte à tuer un peu plus l'artisanat. «Les diplômes ont été rénovés selon les demandes des grands groupes hôteliers et agroalimentaires, explique Alain Chaplin, qui est également conseiller à l'éducation technologique pour le lycée hôtelier d'Indre-et-Loire. On a supprimé de l'examen les vieux savoir-faire, sous prétexte que les employeurs auront besoin de gens sachant décongeler des produits tout préparés.» Une façon de rendre les futurs cuisiniers toujours plus dépendants de l'agro­alimentaire. Et de fragiliser un des fleurons de l'identité française.

« Un message d'espoir »

Dans ce sombre tableau, tout le monde ne baisse pas les bras. Alain Ducasse, le chef multi-étoilé, se refuse à accuser l'Éducation nationale et prône plutôt la responsabilisation des entrepreneurs. «Il faut arrêter de croire que l'État peut tout, plaide-t-il. La formation est une vocation, elle nécessite du temps et de l'énergie, mais c'est aux artisans de créer les conditions de la transmission.» Celui qui a essaimé des disciples dans le monde entier a choisi de ne pas subir. Non seulement il a ouvert à Argenteuil une école de formation continue, mais il a mis en place, de 2000 à 2008, des séminaires «à l'intention des personnels enseignants des lycées technologiques et professionnels de l'hôtellerie et de la restauration». Ou quand le privé se prend en main. «Ce qui nous manque, ajoute Alain Ducasse, ce sont des dirigeants qui valoriseraient l'intelligence de la main, qui sauraient, comme au Japon, décréter que leurs meilleurs artisans ont le statut de “trésors vivants”. Et des médias pour relayer la noblesse de ces métiers.»

L'investissement des entrepreneurs, le dialogue entre professeurs et artisans, et l'implication des collectivités locales, cela ne relève pas de l'utopie. Le campus des métiers, qui ouvrira ses portes le 14 septembre à Bobigny, est un lieu d'accueil ambitieux pour 3 000 apprentis le plus souvent issus des villes environnantes.

«C'est un message d'espoir pour des jeunes issus de la diversité, plaide Christian Le Lann, boucher, fromager et président de la chambre des métiers et de l'artisanat de Paris. D'abord parce que ces jeunes réalisent des chefs-d'œuvre. Il faut parler d'eux plutôt que de ceux qui brûlent des bagnoles. Parce que l'intégration se fait par le travail, par la relation entre un maître et un apprenti. J'ai formé deux petits Maghrébins à la fromagerie. Ils n'y connaissaient rien. Il faut les entendre, maintenant, parler des fromages français !» Une œuvre moins médiatique, certes, que les filières ZEP mises en place à Sciences Po, mais au moins aussi importante. Aux entreprises, donc, et aux artisans de jouer le jeu. Et de s'intéresser aux enjeux cruciaux de la transmission de leurs savoirs.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/09/11/01016-20090911ARTFIG00013-la-formation-des-artisans-en-grand-danger-.php

pour guilbert qui pense que tout propos parlant de maghrébins peut être raciste.... lis donc les propos de Le Lann .... il incinue que ce sont les maghrébins qui brûlent les bagnoles mais que certains sont capable de chefs-d'oeuvre(ouf il sauve lsa peau !)il ose finalement accuser les médias de détruire l'image des maghrébins ... en leur faisant de la mauvaise pub !
clown

Sinon, il est bien ici question de dédain de la part de certains profs intellectuellement bullé qui méprisent la manne manuelle de notre beau pays .... de demandes de certains groupes agro-alimentaires (les mêmes qui sont pointés du doigts par les même gens que ces profs).... font tout pour minimiser la qualité de formations pourtant si nécessaire !!!!!!

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Message  The Shadow le Dim 13 Sep - 0:11

Je devrais les défendre, mais juste pour ce soir, bien fait pour leur gueule, c'est de leur faute si j'ai foiré mon partiel de droit des affaire.

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Message  Invité le Lun 14 Sep - 7:55

hier soir , super reportage sur les artisans sur M6 .... avec madame Debouze .

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Message  Invité le Lun 14 Sep - 7:57

Et alors, il s'est passé quoi?
Je suis sûre qu'elle a étalé sa haine du bon français qui bosse dur dans les traditions jean-pierre-pernaultesque, cette délinquante. Elle devrait être renvoyée dans son pays (le Maroc donc visiblement).

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Message  Invité le Lun 14 Sep - 8:24

Anna a écrit:Et alors, il s'est passé quoi?
Je suis sûre qu'elle a étalé sa haine du bon français qui bosse dur dans les traditions jean-pierre-pernaultesque, cette délinquante. Elle devrait être renvoyée dans son pays (le Maroc donc visiblement).

non non ; elle a juste insisté sur le cassage des gamins qui veulent quitter le système scolaire trop rapidement parce que le système actuel les y pousse..... d'où le fait que cela rejoigne l'article que j'ai posté plus haut ..... le mépris des profs intello .
elle a parlé du mépris des profs mais a travers le système (donc le gouvernement actuel qui ne ferait rien pour ralentir l'envie de fuir )...

Sinon, le reportage parlait aussi des problèmes de repreneurs de commerces ; de la connerie de certaines banques qui s'évertuent à casser l'artisanat sans s'en rendre compte....(un boucher unique pour plusieurs villages et le banquier trouve cet investissement "trop" risqué et demande donc un apport de 40% du montant demandé(40% de 96 000€)...c'est finalement le vendeur qui s'engage comme cautionnant pour pouvoir vendre son affaire à un jeune courageux.

un des artisans du reportage parlait d'identité du patrimoine ...un charpentier-couvreur qui a des mains d'or !!! I love you

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Message  Georges le Lun 14 Sep - 9:59

Les artisans sont en partie responsables de ce manque d'artisans, car ils sont dans l'ensemble plutôt fébrile à embaucher des apprentis. et c'est souvent la galère pour les jeunes qui veulent trouver un patron.

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Message  Invité le Lun 14 Sep - 10:02

ce n'est pas ce qui se disait hier dans le reportage d'après témoignage.

on tente plutôt à casser l' image d'un manuel en l'associant à quelqu'un de nul , pauvre intellectuellement , .....

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Message  Georges le Lun 14 Sep - 10:12

franline a écrit:ce n'est pas ce qui se disait hier dans le reportage d'après témoignage.

Et pourtant c'est la réalité du terrain. Par l'intermédiaire des restos du coeur, j'aide chaque année des familles (une vingtaine) à trouver des artisans acceptant des apprentis, et bien c'est de plus en plus difficile; et malheureusement la plus part du temps leur motivation pour ceux qui acceptent est que bout d'un an de formation, ils ont des apprentis aussi rentemble, à peu de chose prêt, qu'un salarié, à part que pour qu'ils ne leur coutes rien vu que le mini salaire qu'ils leur donnent correspond aux montants des subventions que touchent ces artisans.

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Message  Invité le Lun 14 Sep - 10:38

et bien moi j'écoute RMC info dans laquelle témoignent pas mal d'artisans recherchant désespérément des couvreurs , et autres travailleurs spécialisés en vain ! ils déposent des demandes dans toutes les boites de recrutement , publique et privée ; en vain .... Suspect

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Message  livaste le Lun 14 Sep - 10:48

je crois que vous avez tous les deux raison , c'est vrai la artisans manquent d'apprentis , mais ils tiennent à avoir des apprentis sérieux , ayant un minimum de connaissances et prêts à travailler sans trop rechigner !
J'ai eu souvent l'occasion de présenter des demandeurs d'apprentissage aux artisans , en général ça se passe bien mais quand le djeune qui n'a pas même commencé à apprendre , commence par exiger un emploi du temps à la carte ( pas de travail le samedi pour un apprenti patissier par exemple ) ça ne le fait pas !
Et il y a aussi la tenue , l'artisan ne va pas prendre un apprenti qui se pointe encapuchonné , qui gueule " je te nique " au moindre commandement du patron !

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Message  Invité le Lun 14 Sep - 11:06

dans le reportage hier les artisans insistaient sur le temps de travail ..... eux-même patrons , ils disaient ne pas avoir compter leurs nombre d'heures affectués pour en arriver là où ils sont , sans parler du contact qu'ils aiment avoir avec leur clientèle , l'amour du travail bien fait .... des points de divergences majeurs avec certains glandeurs non désireux d'évoluer avec le temps , l'expérience ...ils veulent tout tout de suite . Rolling Eyes c'est effectivement difficile de trouver des apprentis qui peuvent être d'éventuels travailleurs efficaces donc embauchable en CDI.

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