Alerte sur la dette publique britannique

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Alerte sur la dette publique britannique

Message  Invité le Jeu 11 Juin - 13:41

Alerte sur la dette publique britannique

L'agence S&P pourrait retirer sa note maximale à Londres. Elle craint que la dette ne s'envole et n'atteigne 100 % du PIB.



C'est un sérieux avertissement que vient de recevoir le gouvernement britannique. L'agence de notation Standard & Poor's (S&P) attache désormais «une perspective négative» à son appréciation de la santé des finances publiques du Royaume-Uni. Ce qui signifie que Londres a une chance sur trois de perdre sa note de crédit AAA, la meilleure possible, celle qui décrit un emprunteur qui honore toujours ses dettes.

Vers un déficit à 100 % du PIB

Même si les agences de notation ont perdu de leur superbe avec la crise du subprime, leurs analyses pèsent toujours lourd sur les marchés. L'avertissement de S&P jeudi a provoqué un décrochage de la livre et un plongeon de la Bourse de Londres de 3 %. Le même scénario s'était produit le 23 avril dernier, quand une étude d'une autre agence, Moody's, avait estimé que le gouvernement britannique «prenait des risques avec les finances publiques». Jeudi cependant, Moody's, comme Fitch, ont réaffirmé leur AAA.

Pour Londres, la perte de la note maximale aurait pour conséquence de renchérir le coût des emprunts du Trésor sur le marché, au moment où ceux-ci sont particulièrement volumineux. Le dernier budget, présenté le mois dernier par le ministre des Finances, Alistair Darling, n'était pas loin d'être catastrophique. Le très fort ralentissement de l'économie britannique ainsi que le coûteux plan de relance lancé l'année dernière devraient faire exploser le déficit public à 12,6 % du PIB cette année. Le gouvernement estime d'autre part que la dette devrait culminer à presque 80 % du produit intérieur brut (PIB) en 2013-2014. Un pronostic déjà grave, que l'analyste de S&P trouve pourtant trop optimiste : «Même en tenant compte d'un futur resserrement budgétaire, le fardeau de la dette publique pourrait approcher 100 % du PIB et se maintenir autour de ce niveau à moyen terme.»

L'une des raisons de ce pessimisme vient du fait que l'agence évalue que les plans de sauvetage des banques coûteront au final au gouvernement entre 100 à 145 milliards de livres, soit 7 à 10 % du PIB. Les chiffres du mois d'avril illustrent à eux seuls la difficile situation du pays. L'État a emprunté 8,46 milliards de livres le mois dernier, contre seulement 1,84 milliard l'année dernière à la même époque, alors que les rentrées fiscales ont chuté de 2 milliards et que le versement des allocations et autres aides sociales est en hausse de 1 milliard. «Le budget a fixé un programme précis pour réduire le déficit de moitié en cinq ans. Cet objectif a été fondé sur une vision délibérément prudente des finances publiques», a cependant déclaré un porte-parole du Trésor jeudi.

Maigre consolation pour Londres : si le royaume devait perdre son AAA, il serait le cinquième pays européen dans ce cas cette année, après l'Irlande, la Grèce, l'Espagne et le Portugal. Mais ce quatuor d'économies fragilisées présente la particularité, par rapport à la Grande-Bretagne, d'être membre de la zone euro.

http://www.lefigaro.fr/economie/2009/05/22/04001-20090522ARTFIG00028-alerte-sur-la-dette-publique-britannique-.php

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Re: Alerte sur la dette publique britannique

Message  Invité le Jeu 11 Juin - 13:45

La sacro-sainte cote «AAA» britannique est menacée

Odile Duperry

Agence France-Presse
Londres

Un sérieux avertissement a été lancé jeudi au vainqueur de la prochaine élection générale britannique par l'agence de notation Standard & Poor's, qui a menacé d'abaisser la note de crédit «AAA» du pays, la meilleure possible, si des engagements n'étaient pas pris pour restaurer l'état des finances publiques.

S&P, une des trois grandes agences mondiales de notation des dettes souveraines (dettes des pays), a attribué une «perspective négative» à cette note de crédit de long terme, ainsi qu'à la note court terme.

Une note de crédit élevée garantit au créancier le remboursement de son prêt, et permet à l'emprunteur d'obtenir des taux d'intérêt moins élevés.


S&P, qui souligne que la mise sous perspective négative n'engendre pas forcément une dégradation future de la note, a indiqué fonder sa décision sur la crainte de voir la dette publique «approcher 100% du produit intérieur brut (PIB) en 2013, et se maintenir autour de ce niveau à moyen terme», «ce qui est incompatible avec un triple A».

Constamment maintenue sous 40% du PIB par les travaillistes depuis 1997, la dette s'est envolée depuis 2008 avec la nationalisation de la banque Northern Rock, suivie par un plan de sauvetage du secteur bancaire particulièrement coûteux à l'automne, comprenant la nationalisation partielle de Royal Bank of Scotland et HBOS.

S&P, évoquant les prochaines élections générales prévues d'ici à la mi-2010, indique que ses notes pourraient être officiellement abaissées «si nous pensons qu'après le scrutin, les projets de consolidation budgétaire du prochain gouvernement ne sont pas en mesure de mettre la dette sur une pente baissière à moyen terme».

L'agence ramènerait en revanche la perspective à stable si «des mesures complètes» était mises en place pour redresser les finances publiques.

Le responsable des Finances pour le parti conservateur George Osborne a estimé que le gouvernement «faisait courir des risques à la stabilité économique du pays» et appelé à une élection immédiate.

Par ailleurs, Ian McCafferty, économiste de la CBI, principale organisation patronale du pays, a estimé «qu'avec la taille du marché des obligations qui devrait doubler sur les années à venir (pour financer l'économie, ndlr), le gouvernement court un risque avec la bonne volonté des investisseurs à financer la dette britannique».

Il a appelé à sabrer les dépenses du secteur public.

Le porte-parole du Premier ministre Gordon Brown a assuré que «la détermination du gouvernement à assurer des finances publiques viables à moyen et long terme était absolue», tout en excluant des mesures drastiques immédiates.

Le secrétaire d'Etat au Trésor Stephen Timms a souligné qu'une émission de bons du Trésor de 5 milliards de livres (5,6 milliards d'euros) avait été sursouscrite deux fois, signifiant selon lui la confiance des investisseurs.

L'annonce de S&P a porté un coup aux marchés britanniques. La livre, bien portante récemment, a plongé face à l'euro et au dollar avant de se reprendre en fin de journée. Le Footsie-100 a fini en baisse de 2,75%.

L'agence concurrente, Moody's, a dit ne pas songer à imiter S&P actuellement. Mais pour Giles Lee, de CMC Markets, «beaucoup se demandent si les agences de notation vont faire avec les Etats-Unis» ce que S&P a fait avec le Royaume-Uni.

Deux autres «triple A», l'Espagne et l'Irlande, ont déjà vu leur note abaissée par S&P, qui a aussi abaissé les notes de la Grèce, du Portugal, et de l'Islande notamment.

Les «triple A» de S&P sont 18 : Allemagne, Australie, Autriche, Canada, Danemark, Etats-Unis, Finlande, France, Ile de Man, Liechtenstein, Luxembourg, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni, Singapour, Suède et Suisse.


http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/international/200905/21/01-858506-la-sacro-sainte-cote-aaa-britannique-est-menacee.php

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