Maillé, ce village martyr qu'on avait oublié

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Message  livaste le Lun 25 Aoû - 16:01

Mathieu Delahousse, envoyé spécial à Maillé (Indre-et-Loire)
24/06/2008 | Mise à jour : 22:13 | Commentaires 18 .

La justice allemande veut tirer au clair les circonstances qui avaient conduit au massacre de 124 villageois.
Cela tient peut-être à la géographie du village. Mais les livres d'histoire ne se sont jamais arrêtés à Maillé. Le bourg de 700 habitants, à quelques kilomètres de Sainte-Maure-de-Touraine, est un lieu de passage, fendu du nord au sud par la ligne ferroviaire Paris-Bordeaux, et, un peu plus loin, par l'autoroute A 10. Et si les chronologies du XXe siècle ont retenu la date du 25 août 1944 comme le jour de la libération de Paris, elles ont oublié que, ce jour-là, Maillé fut le théâtre du massacre de 124 de ses habitants civils, âgés de 3 mois à 89 ans.

Aujourd'hui, Maillé sort peu à peu de son anonymat de village martyr et s'apprête à vivre un événement inédit : le 15 juillet prochain, le procureur général de Dortmund (Allemagne), Ulrich Maas, y est attendu. Alerté par un historien de Stuggart, il avait relancé les investigations en 2004. Depuis, une cinquantaine de témoins ont déjà été interrogés par des gendarmes français, sur commission rogatoire internationale.

La procédure judiciaire coïncide avec une bataille pour la mémoire. Les rescapés souhaitent désormais témoigner et combler cinquante ans de silence. L'une d'elle, Christine Guitton, 10 ans au moment des faits, se remémore ainsi aujourd'hui «la chaleur incroyable» des obsèques et les «bombardements tout proches » signant l'heure de la Libération. Mais l'obligation ensuite de «retourner à l'école et de voir les bancs vides». Et ne plus en parler. «On s'est rendu compte qu'il y avait un vide considérable dans la connaissance des faits», rapporte Sébastien Chevereau, historien détaché par le conseil général à la Maison du souvenir de Maillé, ouverte au public il y a deux ans.


Actes de sabotage menés par la Résistance

En réalité, ce n'est qu'en 1995 que l'exigence de justice a timidement commencé à apparaître. Les archives départementales avaient organisé pour le cinquantième anniversaire du massacre une exposition. Parmi les documents exhumés, se trouvait un jugement du tribunal militaire de Bordeaux datant de 1952 mais ignorés de tous : un sous-lieutenant allemand, Gustav Schueter, avait été condamné à mort par contumace pour le massacre de Maillé ! «C'était un procès sans publicité et sans témoin», s'étonne l'historien local. «C'est à ce moment-là qu'on a commencé à se parler», précise Gisèle Bourgoing, cachée dans une cave avec sa mère tandis que le reste de sa famille était décimé. Désormais, «il fallait rechercher les causes et savoir».

En guise de revendications des sanglantes représailles, deux billets griffonnés avaient été laissés en août 1944 : «C'est la punition des terroristes et leurs assistants». La veille, un incident avait opposé une patrouille allemande et des résistants. Plusieurs sabotages sur la ligne ferroviaire s'étaient aussi produits. Mais l'incertitude demeurait sur les causes réelles de l'opération et le nom des troupes.

il n'est sans doute jamais trop tard pour rétablir la vérité .
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