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Message  livaste Ven 27 Nov - 10:17

«Je suis rentrée plusieurs fois en larmes chez moi, dépassée»
Marie-Estelle Pech
27/11/2009 | Mise à jour : 10:08 |

Débat des « mercredis de Créteil » entre enseignants sur la violence et le sexisme, après le visionnage du film La Journée de la jupe, cette semaine dans un lycée de Maisons-Alfort (Val-de-Marne). Crédits photo : Le Figaro
Cent vingt enseignants, proviseurs et infirmières scolaires ont participé à une conférence-débat à Créteil, lors de laquelle la plupart d'entre eux se sont inquiétés de la violence et du sexisme dans les établissements de banlieue. Ambiance.


«Les bousculades, les jurons permanents, moi aussi c'est mon quotidien !» s'exclame une enseignante de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Comme cent vingt enseignants, proviseurs et infirmières scolaires et une poignée d'élèves, elle est venue participer volontairement à une conférence-débat des «mercredis de Créteil» organisée dans un lycée de Maisons-Alfort (Val-de-Marne), sur la violence et le sexisme. Une initiative imaginée l'an dernier par le recteur, Jean-Michel Blanquer, comme une nouvelle forme de formation continue «volon taire, libre et transdiscipli naire».

Le point de départ, c'est le visionnage, cet après-midi-là, du film La Journée de la jupe. Dans la classe de l'enseignante jouée par Isabelle Adjani, une fille en jupe est forcément une «pute». Et les insultes tiennent lieu de conversation. Cette dernière, débordée par le comportement de ses élèves, craque et finit par les prendre en otage avec un pistolet.

» Voir la bande-annonce du film :




Ce film, qui a fait débat dans la presse au printemps dernier, pour sa vision «caricaturale et outrancière» des élèves, selon certaines critiques, semble faire au contraire l'unanimité auprès de ces professionnels de l'éducation. «Je ne me sens pas du tout dépaysée », intervient timidement une enseignante d'histoire expérimentée issue d'un lycée de Meaux (Seine-et-Marne), qui reconnaîtra ensuite ne pas toujours savoir comment s'y prendre face à la violence de certains élèves : «Je suis rentrée plusieurs fois en larmes chez moi, dépassée.» En aparté, une enseignante de lettres affirme que la moitié des professeurs qu'elle connaît «sont sous antidépresseurs».

«Il faudrait apprendre aux jeunes enseignants comment gérer la violence, leur expliquer ce qui peut se passer. Mais c'est impossible à prévoir. J'ai fait quinze établissements dans ma carrière et je pense que ça peut péter n'importe où, n'importe quand », s'enflamme un professeur.

L'enseignante du film «est seule, comme le sont beaucoup de profs aujourd'hui. Elle défend bien l'idée de laïcité, mais le fait d'échanger avec des collègues lui aurait permis de mieux gérer sa classe », fait cependant observer une conseillère principale d'éducation.

Dans les établissements de banlieue où beaucoup travaillent, le sexisme est, comme dans le film «omniprésent », affirment ces professionnels. Un proviseur du Val-de-Marne explique la réalité «quotidienne» de son établissement : «Les filles portent des pantalons ou s'habillent comme des sacs, car elles n'ont pas la possibilité de dévoiler leur féminité par peur d'être mal considérées. » Professeur d'économie, Jean Latreille raconte quant à lui «la violence permanente du regard des garçons sur les filles». Il a vu circuler des photos de jeunes filles de sa classe, nues, d'un portable à l'autre. «Je l'ai observé dans plusieurs établissements différents, et pas uniquement en banlieue. La dernière fois c'était à Nantes», affirme-t-il. Un collégien de Bobigny, lui, minimise, avec une hiérarchie des valeurs qui lui est propre : «Une simple photo, c'est quand même beaucoup moins grave qu'une vidéo !» Assise à côté de lui, une autre affirme qu'elle n'a «jamais de problème quand elle vient en jupe».

L'infirmière scolaire de leur collège n'est pas du tout d'accord : «Ils ne veulent pas l'admettre, mais la situation est loin d'être aussi angélique.» À l'image de cette histoire d'attouchements dont elle a récemment dû s'occuper : «C'est complexe, car les victimes ne parlent pas forcément. Il faut les deviner à travers des absences, des retards »

«Sortir de la pornographie»


«Il n'est jamais question d'amour pour nos adolescents », regrette Frédérique Oget, professeur de lettres classiques à La Ferté-sous-Gauchet (Seine-et-Marne). Cette dernière déplore «unevision de la sexualité réduite à la pornographie et aux parties génitales ». Après avoir un jour expliqué la traduction du mot «amour» en grec et en latin, avec les nuances assez subtiles de «désir» et de «manque », elle s'est entendu remercier par la meilleure élève de sa classe de troisième : «On ne nous avait jamais expliqué ça. C'est peut-être vous, madame, qui allez nous sortir de la pornographie ! » Les «valeurs de la République », tous ces enseignants disent y croire plus que jamais. Or ce film démontre aussi que «l'on n'impose pas des valeurs autour du sexisme et de la laïcité par sa simple autorité. On le paye toujours cher si on veut que ça change trop vite, comme le prouve la mort de la prof à la fin du film. Les changements se feront en douceur, grâce à nos convictions », conclut, optimiste, le professeur d'économie.

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