Il avait dit "justice indépendante " il entendait "justice partisane "

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Il avait dit "justice indépendante " il entendait "justice partisane "

Message  livaste le Lun 17 Mar - 17:45

L'édito
de FRANZ-OLIVIER GIESBERT

Mieux vaut s'appeler Mennucci que Sarkozy
Le Point - Publié le 13/03/2014


Patrick Mennucci est un ancien poulain de Jean-Noël Guérini. Mais il semble exister une impunité de gauche qui le met à l'abri des poursuites.


L'éditorial de Franz-Olivier Giesbert


Et si l'on parlait de Patrick Mennucci ? Cela peut paraître étrange à l'heure où les médias ont les noms de Sarkozy, Copé ou Buisson plein la bouche. Mais on ne peut s'empêcher d'être stupéfié par la mansuétude et la complaisance du parquet et de nos chers confrères à l'égard du candidat socialiste à la mairie de Marseille.


Il vaut toujours mieux être de gauche : voilà un adage dont M. Mennucci est la preuve vivante. S'il avait été le candidat de l'UMP, gageons que la justice et les journaux se passionneraient pour ses exploits passés comme chaouche de M. Guérini. Or, en tant que nouveau porte-flambeau du parti du "bien", il bénéficie du même traitement de faveur que ledit Guérini, Jean-Noël, quand il se présentait aux élections municipales en 2008 avec pour bras droit... un certain Mennucci.

M. Mennucci est aujourd'hui encensé à longueur d'ondes et de colonnes, comme l'était naguère M. Guérini, proscrit par le PS depuis qu'il se trouve dans la tourmente judiciaire que l'on sait. Pour un peu, on plaindrait M. Guérini : tous ses anciens obligés se sont retournés contre leur bienfaiteur en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

Les médias n'ayant pas de mémoire, les bouffons de la bonne presse parisienne n'hésitent pas à nous présenter M. Mennucci comme l'anti-Guérini. Un saint homme. Le grand purificateur. L'ange exterminateur des affairistes. On a beau avoir tout lu, tout entendu, on croit rêver.

M. Mennucci est un bébé Guérini entouré de bébés Guérini. Des bras cassés dont certains alimenteront, n'en doutons pas, la chronique judiciaire des prochaines années. D'Eugène Caselli à Jean Viard, le "sociologue" des bobos, ce sont de purs produits de l'ancien boss du PS marseillais. Sans parler des "idiots utiles" du MoDem et de la ministrillonne Mme Carlotti, jadis porte-parole de M. Guérini. Le candidat socialiste à la mairie de Marseille a même pris soin d'écarter de ses listes Michel Pezet, le meilleur de la gauche, l'une des rares personnalités socialistes à n'avoir pas trempé dans le guérinisme. Ces gens-là préfèrent rester entre eux.

S'il était un bon socialiste, Serge Dassault aurait-il été inquiété ? En dépit des contre-exemples Cahuzac ou Strauss-Kahn, il y a quand même une forme d'impunité de gauche. Pour s'en convaincre, il suffit de comparer les traitements infligés à M. Mennucci et à M. Dassault.

Deux poids, deux mesures. M. Dassault est accusé d'avoir acheté des votes pour ses élections de Corbeil-Essonnes. Perquisitions, gardes à vue : l'affaire, comme on le sait, est rondement menée, il faut que justice passe. M. Mennucci, lui, est soupçonné de prise illégale d'intérêts pour avoir, en sa qualité de vice-président du conseil régional, fait verser de nombreuses subventions, pour des montants considérables, à toutes sortes d'associations, en prévision des élections. Comme par hasard, le parquet a écrasé l'affaire avec un simple "rappel à la loi". Circulez, il n'y a rien à voir. Vérité à Corbeil, erreur au-delà...

En France, ces temps-ci, il est plus confortable de s'appeler Mennucci que Dassault ou Sarkozy. On s'épargnera le ridicule de voir une conspiration organisée derrière la déferlante d'affaires qui, avant les municipales, tombe sur la droite. On peut même s'étonner que la vérité n'ait pas été dite plus tôt sur M. Copé, qui, il est vrai, sait y faire avec les médias. Le "président" autoproclamé de l'UMP a, de plus, prouvé le bien-fondé des résultats de l'enquête du Point (1) en faisant tout de suite mettre sous scellés les pièces comptables qu'il lui aurait suffi de sortir, s'il avait été blanc-bleu, pour démontrer son innocence.

Sur l'extraordinaire M. Buisson, ancien directeur de la rédaction de "Minute", spécialiste de l'Occupation nazie, il n'y a rien à dire, sinon qu'on est étonné que ce gourou de supérette ait pu contrôler le cerveau de tant de sommités, ceux de MM. Sarkozy ou Copé et d'une bonne partie de la presse de droite, à commencer par Valeurs actuelles. On a toujours dit ici tout le mal qu'il fallait penser des théories foireuses de cet ancien conseiller de l'Élysée, où il n'aurait jamais dû mettre les pieds : qu'il ait enregistré ses conversations avec l'ex-président montre que son cas relève plus de la psychiatrie que de la politique. Passons.

Sur tous les dossiers qui concernent la sarkozie, on n'épiloguera pas : cent éditoriaux n'y suffiraient pas. Mais, dans la dernière affaire des écoutes, on s'indignera du stupéfiant traitement fait à Me Thierry Herzog, considéré par les juges comme une sorte de bandit de grand chemin.

Le ver est dans le fruit judiciaire quand les avocats sont écoutés ou perquisitionnés comme des prévenus, ainsi qu'on l'avait déjà observé dans l'affaire Tapie, ce qui, à l'époque, n'avait hélas guère ému les foules. Il est temps d'en finir avec ces pratiques de république bananière, indignes d'une démocratie. Une société qui ne respecte pas ses avocats est une société qui ne se respecte pas.

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