Courroye ou la fin du Parquet cadeau

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Courroye ou la fin du Parquet cadeau

Message  Jeanclaude le Jeu 29 Sep - 7:58

La mise en examen annoncée du procureur de Nanterre pour la surveillance de journalistes du «Monde» dans l’affaire Bettencourt est une première. Et condamne un nouveau proche de l’Elysée.

Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, proche notoire du chef de l’Etat, a été convoqué aux fins de mise en examen d’ici à quinze jours par la juge Sylvia Zimmermann, qui enquête sur les violations du secret des sources de journalistes du Monde multipliant, à l’été 2010, les révélations sur l’affaire Bettencourt. La juge d’instruction, qui ne manque pas d’indices ni d’audace, veut le mettre en examen pour «atteinte au secret des correspondances», «collecte de données à caractère personnel par moyen frauduleux, déloyal ou illicite» et enfin pour «violation et recel du secret professionnel». De quoi faire sauter l’éminent procureur des Hauts-de-Seine et son bras droit, Marie-Christine Daubigney, convoquée pour les mêmes infractions. Quant à Bernard Squarcini, patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), et Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale, ils seront entendus d’ici à fin octobre par la même juge dans «l’affaire David Sénat» (1).

Hier, ces annonces ont presque éclipsé la sortie du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, assurant que Nicolas Sarkozy n’était «concerné par aucune» des affaires qui font tomber ses proches un à un…

«Voyou». La juge Zimmermann se fonde sur le témoignage du commandant Patrick Nieto, de l’inspection générale des services (IGS), qui lui a révélé sur PV que «M. Courroye demandait très précisément les fadettes [facturations détaillées de téléphone, ndlr] des deux journalistes», Jacques Follorou et Gérard Davet, qui ont signé sur Lemonde.fr un article sur une perquisition chez Liliane Bettencourt le 1er septembre 2010. L’avocat de celle-ci, Me Kiejman, dépose le jour même une plainte pour «violation du secret de l’enquête» dont le procureur Courroye s’empare aussitôt. Il soupçonne sa collègue Isabelle Prévost-Desprez d’informer Follorou, coauteur de son livre Une juge à abattre. C’est ainsi que le commandant Nieto reçoit l’ordre de connaître les appels émis et reçus par Follorou, Davet mais aussi Raphaëlle Bacqué. Les fadettes du premier trahiront de nombreux échanges de SMS avec la juge. Courroye croit pouvoir pulvériser sa consœur.

Mais la juge a auditionné des policiers de l’IGS, dont Patrick Nieto, qui, selon les extraits de PV publiés hier dans le Monde, lui a déclaré que son supérieur, Daniel Jacqueme, lui avait ordonné, le 9 septembre 2010, de se procurer les fadettes des journalistes à la demande expresse de Courroye et de Daubigney. Le commandant n’a «jamais» été en relation directe avec ces deux magistrats mais assure que son supérieur «a rendu compte à sept reprises au parquet de Nanterre, soit à M. Courroye, soit à Mme Daubigney». Nieto enfonce le clou : «A chaque fois, les magistrats nous demandaient de pousser nos investigations.» La juge a fait perquisitionner l’IGS mardi pour mettre la main sur ce dossier.

Pour le journaliste Jacques Follorou, «si d’aventure le procureur Courroye avait ordonné aux policiers de l’IGS de commettre un acte illégal pour régler ses comptes avec une collègue, cela démontrerait un comportement de voyou». Cette mise en examen d’un procureur pour une infraction pénale en relation avec ses fonctions serait «du jamais vu, selon Christophe Régnard, de l’Union syndicale des magistrats (majoritaire). Entre les poursuites disciplinaires contre la juge Prévost-Desprez et la mise en examen du procureur, l’affaire Bettencourt aura décrédibilisé l’institution».

Valse. Dans un communiqué, le procureur Courroye et son adjointe «s’indignent de cette mise en cause calomnieuse, contestent formellement les infractions visées et émettent des grandes réserves sur la réalité de la procédure engagée». «On croirait la défense d’un homme politique», ironise Matthieu Bonduelle, du Syndicat de la magistrature (gauche). L’avocat du procureur Courroye, Me Dupeux, argumente : «La loi protège le secret des sources des journalistes… sauf en cas d’impératif prépondérant d’intérêt public. M. Courroye a estimé que c’était le cas ici.» Le conseil de Marie-Christine Daubigney, Me Baratelli, a demandé hier «le gel immédiat de la procédure».

Que faire maintenant de cet embarrassant Philippe Courroye ? Dans les prochaines semaines s’ouvrira la valse des procureurs. Deux pistes semblaient avoir effleuré le garde des Sceaux : laisser Philippe Courroye à Nanterre ou l’exfiltrer en le nommant procureur général d’une cour d’appel de province… un poste moins sensible, certes, mais une promotion tout de même. «Une mise en examen rendrait très difficile son maintien à Nanterre. Quant à une promotion, ce serait un scandale», prévient Christophe Régnard. «Si la mise en cause de Courroye était confirmée, le Conseil supérieur de la magistrature pourrait se réunir en urgence et décider d’une interdiction temporaire d’exercer le temps de l’instruction», note Matthieu Bonduelle. La chancellerie fait la morte sous couvert - un comble - de ne pas interférer dans une procédure judiciaire.

(1) Du nom du conseiller de Michèle Alliot-Marie, suspecté d’être la taupe du «Monde».


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Re: Courroye ou la fin du Parquet cadeau

Message  livaste le Jeu 29 Sep - 8:11

pour notre gauchiste de service qui ignore le sytème mafieux de certains à gauche ..;

Le repenti qui accuse le système Guérini
Le Point - Publié le 28/09/2011 à 21:13

Exclusif. Un ancien conseiller de l'élu marseillais s'est livré à la justice. Confessions.




Jean-Marc Nabitz ne voulait pas continuer à se cacher. Encore moins à se taire. Voilà bientôt deux ans qu'il avait fui Marseille, effrayé par la progression d'une enquête qui, il le savait, mènerait un jour la justice sur ses traces. Réfugié en Israël, dans la ville côtière de Netanya, où les touristes français sont légion, il a suivi à distance les découvertes sur les affaires douteuses d'Alexandre Guérini et la mise en cause progressive de son frère, Jean-Noël Guérini, sénateur et président (PS) du conseil général des Bouches-du-Rhône : les deux hommes pour qui il a travaillé, dans la pénombre, de 1998 à 2008. Alors, il y a quelques semaines, il a décidé de rentrer. Et de se confesser.

"Je regrette très amèrement cette période de ma vie et tous les actes que j'ai commis", a-t-il affirmé, le 16 septembre, devant le juge Charles Duchaine, qui l'a mis en examen pour "corruption", "association de malfaiteurs" et "blanchiment en bande organisée". Depuis, l'ex-conseiller des Guérini s'est mué en "repenti". Il a fêté ses 59 ans en prison, mais sa déposition éclaire de l'intérieur - pour la première fois - le système de pouvoir, d'influence et d'intérêts liés que les enquêteurs s'efforcent de mettre au jour.

Devant les gendarmes de la section de recherches de Marseille, puis devant le magistrat, Nabitz a décrit sans détour l'emprise qu'aurait exercée Alexandre Guérini sur le conseil général et ses dirigeants. Après avoir observé "l'influence et l'importance du frère du président" sur les nominations et les choix politiques, il explique avoir perçu, à partir de 2005, "l'implication d'Alexandre Guérini dans les marchés publics" : "Je constate que, sans mandat électif et sans légitimité, il sollicite un peu partout des gens qu'il présente comme ses amis. Il est omniprésent dans le fonctionnement économique de la collectivité."

"Tout le monde obtempérait"

Rares sont alors les responsables locaux, politiques ou fonctionnaires, qui osent s'interposer. "Au-delà de cette omniprésence, poursuit Nabitz, il existait chez Alexandre Guérini une insistance permanente telle qu'elle s'imposait comme une obligation et que personne ne pouvait s'y opposer .(...) Il était d'abord insistant, puis le ton, si cela n'avançait pas, devenait fort et virait à l'engueulade." Ses colères étaient efficaces : "Tout le monde obtempérait."

Et pour cause : à en croire Nabitz, "l'ensemble du cabinet du président disait clairement que son frère devait être pris en considération". "Autant son cabinet qu'une partie des services du conseil général, a-t-il précisé au juge, considéraient qu'Alexandre Guérini parlait au nom de Jean-Noël Guérini de manière systématique, qu'il n'y avait pas de hiatus entre les deux et que la parole de l'un valait celle de l'autre." Avant d'ajouter, visiblement apeuré : "Je sais ce que je risque dans cette affaire, mais j'affronte."

Ancien ingénieur des travaux publics, Nabitz dit avoir été recruté au conseil général des Bouches-du-Rhône non par son président, mais par "Alexandre". En 1994, alors qu'il dirigeait une filiale de la Société des eaux de Marseille, il l'avait aidé à remporter l'appel d'offres d'une déchetterie à La Fare-les-Oliviers, près de Salon-de-Provence. Quatre ans après, il entrait au cabinet de Jean-Noël Guérini, qui venait de prendre la tête du département. Bientôt, il fut nommé président de la société d'économie mixte Treize Développement, chargée des plus grands projets d'aménagement du département.

À ce titre - qui faisait de lui l'un des hommes les plus influents de Marseille -, Jean-Marc Nabitz avoue avoir favorisé l'attribution de marchés publics à une entreprise de bâtiment qui lui avait été désignée par Alexandre Guérini : la société ABT. Structure fantomatique domiciliée dans une villa isolée de la campagne aixoise, ABT a obtenu d'importants chantiers de construction : un bâtiment associatif à Marseille, une maison de retraite et une caserne de pompiers à La Ciotat, une gendarmerie à Orgon. Or l'enquête a établi de longue date que la société était animée par des proches d'un gangster en cavale, Bernard Barresi (finalement interpellé au printemps 2010).

"M. Gilles", alias Barresi

"J'étais soumis à une pression terrible", a plaidé Nabitz devant le juge, soulignant que "la pression était un mode de fonctionnement habituel au sein du conseil général et des entités satellites". Mis en relation par Alexandre Guérini avec le dirigeant officiel d'ABT, Patrick Boudemaghe, qui était en réalité l'émissaire de Barresi, l'ancien ingénieur dit avoir rencontré le gangster lui-même, présenté sous l'identité de "M. Gilles".

Mais, en 2008, un détail l'alerte. Sur une demande de stage, la fille de cet homme d'affaires intimidant porte un autre nom : Barresi. "Par curiosité et par crainte", il effectue une recherche sur Internet, tombe sur "la photo et le parcours judiciaire" du caïd. "Ce sera le détonateur de mon départ précipité du conseil général", souffle-t-il.

Quelques mois après sa démission, il apprend par Boudemaghe que Barresi, furieux, exige le remboursement de plusieurs sommes versées par ABT à une société dirigée par le fils de Nabitz. Paniqué, ce dernier quitte alors Marseille, coupe son téléphone et s'envole pour Israël. Outre ses souvenirs compromettants, il emporte avec lui un secret : en 2006, Alexandre Guérini lui a versé 2,2 millions d'euros au Luxembourg, via une société-écran du Panama. Boudemaghe l'avait accompagné à la banque. Le même jour, trois comptes aux numéros consécutifs avaient été ouverts : l'un pour Nabitz, le deuxième pour Raymond Bartolini, un élu socialiste de Berre-l'Étang, proche des Guérini (mis en examen et écroué début septembre), le troisième au profit de Barresi en personne...

"Alexandre m'a dit : C'est à toi, mais j'ai toujours eu mauvaise conscience à le détenir", a relaté Nabitz au juge au sujet de ce virement occulte. Mais quelle en était la contrepartie ? Contre toute vraisemblance, il assure que lui-même l'ignorait. Il avance cependant une hypothèse : les 2,2 millions auraient "récompensé" ses "efforts" dans l'élaboration du plan départemental d'élimination des déchets, qui était alors l'enjeu d'une âpre bataille politique dans les Bouches-du-Rhône.

Futurs adversaires pour la mairie de Marseille, Jean-Claude Gaudin et Jean-Noël Guérini s'affrontaient à l'époque autour du projet de l'incinérateur de Fos-sur-Mer. Le premier y était favorable, le second opposé. "La raison officielle était la défense de la santé publique, mais il est certain que les énormes enjeux économiques des marchés passés à l'occasion d'une telle délégation de service public ne pouvaient échapper aux décideurs", avance Nabitz dans un sous-entendu lourd de sens.

Chargé de concevoir dans l'urgence une autre solution pour traiter les ordures de l'agglomération marseillaise, l'ex-conseiller des Guérini dit avoir mis en avant un procédé de recyclage par "méthanisation" et réussi à boucler son plan avant que le feu vert définitif du préfet à l'incinérateur n'intervienne. Mais, inexplicablement, le président du conseil général choisit alors de temporiser - ce qui laissa le champ libre au projet de l'incinérateur.

"J'ai moi-même perçu de l'argent"

Pourquoi, dès lors, "récompenser" Nabitz ? Pourquoi, surtout, la récompense est-elle venue d'Alexandre Guérini ? "On peut supposer que le plan a servi ses intérêts", a suggéré Nabitz. De fait, la prolongation de l'imbroglio politico-administratif autour de l'incinérateur profitait aux exploitants de décharges - à commencer par le frère du président du conseil général, dont les installations tournaient à plein régime. "Pensez-vous que cela ait pu échapper à Jean-Noël Guérini ?" a demandé le juge Duchaine. Nabitz : "Je vais répondre à cette question, vous comprenez qu'elle est terrible pour moi. Non, je pense que ça n'a pas pu échapper à Jean-Noël Guérini."

Au reste, le plan conçu par Nabitz prévoyait aussi l'extension de sa décharge de La Ciotat. Agrandissement qui fut ensuite favorisé par une manoeuvre du conseil général dictée par le cabinet de Jean-Noël Guérini (et déjà évoquée par Le Point). Une autre manifestation de l'efficacité du "système" décrit par Nabitz..."J'ai vu des gens promus, j'ai moi-même perçu de l'argent. Sur le plan du ressenti, je peux penser que d'autres ont pu bénéficier de largesses sans que j'en connaisse la portée ni les modalités d'attribution.(...) Ce système existait également dans la sphère politique, à travers des jeux d'influence. [Il]va au-delà de mon champ de vision." La justice, elle, commence à en cerner les contours.

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Message  Invité le Jeu 29 Sep - 11:33

ce type fait mentir Hollande qui voue une virginité sans faille au PS.... Razz

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