L'affaire Kravchenko ou l'ignominie de certains intellectuels

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L'affaire Kravchenko ou l'ignominie de certains intellectuels

Message  Aurélie le Mer 7 Oct - 20:19

samedi, 10 octobre 2009 à 14:00

Rediffusions :
16.10.2009 à 05:00
L'affaire Kravchenko
(France, 2009, 50mn)
ARTE F
Réalisateur: Bernard George
Malentendant Stéréo 16 / 9

La guerre froide à Paris, à travers le procès spectaculaire qui, en 1949, opposa un célèbre dissident soviétique à des intellectuels communistes français.

En 1949, à Paris, Victor Kravchenko, dignitaire soviétique passé à l'Ouest et auteur du best-seller J'ai choisi la liberté, attaque en diffamation le journal communiste Les lettres françaises, qui l'a violemment dénigré dans ses colonnes. Dans une salle d'audience bondée de journalistes, Kravchenko a fait venir des témoins qui racontent pour la première fois la famine en Ukraine, les purges staliniennes et, quinze ans avant Soljenitsyne, l'enfer des camps soviétiques. Face à lui, soutenu par Moscou, le journal communiste a réuni témoins et intellectuels (comme le physicien et Prix Nobel Frédéric Joliot-Curie ou l'écrivain Vercors) qui, en ordre de bataille, s'acharnent à nier l'évidence. Dans ces années d'après-guerre, le Parti communiste français est le "parti des fusillés", le symbole de la Résistance... Parmi les journalistes qui tiennent la chronique judiciaire du procès, une jeune auteure russe : Nina Berberova. C'est sur ses textes que le film s'appuie pour dérouler le récit d'un procès spectaculaire.

Deux représentations du monde
Durant trois mois et sous les yeux du monde, la 17e chambre correctionnelle de Paris est le théâtre de la guerre froide : goulag contre avenir radieux du prolétariat, histoires vécues contre discours officiel... Deux représentations du monde s'affrontent dans ce procès qui met en scène un homme exubérant, imbu de lui-même, persuadé d'avoir gain de cause sur les intellectuels communistes français qui l'accusent de ne pas être l'auteur de son livre. Retraçant jour après jour le déroulement des audiences, grâce essentiellement à des archives photographiques (traitées en 3D), Bernard George propose parallèlement une passionnante réflexion sur l'engagement communiste : à travers les témoignages de Pierre Daix, ancien rédacteur en chef des Lettres françaises, Dominique Desanti, à l'époque journaliste dans la presse communiste, Claude Lefort, alors collaborateur des Temps modernes, ou encore Edgar Morin, membre du PCF jusqu'à son exclusion dans les années 50, le réalisateur tente de comprendre par quels mécanismes insidieux on pouvait rester aveugle devant la vérité du stalinisme.

En ce moment même sur Arte. D'autant plus édifiant que ce ne sont pas seulement les tocards qui tombèrent dans le panneau de la propagande soviétique...

Aurélie
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