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Message  livaste le Lun 13 Juil - 18:53

A propos du 14 Juillet 1789

A la veille de la Révolution
La Révolution Vignerons1789Depuis dix ans, la situation économique de la commune s’est détériorée : fermiers et vignerons ont vu leur profit diminuer de moitié. Pour comble de malheurs, le 13 juillet 1788, un orage de grêle d’une violence inouïe a ravagé les cultures, comme dans toute l’Ile de France (1). S’en suit un terrible hiver : deux mois à –15°, la Seine prise de novembre à janvier. A St Fargeau, la vigne résiste mais les châtaigniers, dont on fait les échalas, sont détruits par le froid (2). Fleuve gelé, routes verglacées : le trafic des voyageurs et le charroi des marchandises est réduit à néant . Et comme, depuis 1786, Louis XVI et Marie-Antoinette ne viennent plus passer l’automne à Fontainebleau pour y chasser, les relais de poste et les hôtelleries qui font vivre Ponthierry n’ont guère vu de clients pendant six mois.
Dans cette atmosphère de crise, on a élu les délégués aux Etats Généraux et rédigé, le 16 avril 1789, les cahiers de doléances(3). On suit de très près – et avec lucidité - les événements de la capitale. Le 23 juin 1789, un familier du Seigneur de Jonville écrit: " …nous sommes ici dans un chaos, vous ne sauriez vous imaginer ce qui en est. Le Palais Royal est rempli de toutes sortes de personnes. Il y a des orateurs qui haranguent ; quelques personnes qui ont voulu s’élever contre leurs discours ont été maltraitées. Enfin, tout est du parti du Tiers(Etat) depuis les artisans les plus bas jusqu’aux gens d’un état beaucoup plus relevé. Le Roi a tenu une séance royale qui n’a rien opéré (Mirabeau y prononça le célèbre " nous sommes ici par la volonté du Peuple et nous n’en sortirons que par la force de baïonnettes "). Je ne sais comment tout se terminera mais je crois que nous sommes à la veille des plus grands événements : Dieu veuille que je sois mauvais prophète ! En attendant la prochaine moisson, la soudure se fait difficile…La misère est aussi fort considérable. Le blé manque quelquefois malgré les précautions qu’on prend. Jonville est fort embarrassé dans sa terre pour procurer du blé à ses habitants ; ils n’en peuvent pas trouver à Melun ni à Corbeil (4) où des émeutes de la faim ont éclaté le 8 mai)".
Une semaine apparemment bien ordinaire.
Pourtant nos ancêtres Ferréolais ne semblent craindre qu’une chose, que le ciel (de l’église) leur tombe sur la tête ! " Ce jourd’huy dimanche 12 juillet 1789, à l’issue de la messe paroissiale de St Fargeau, le sieur Jean Janicot, marguillier, a fait sonner une assemblée au son de la cloche en la manière accoutumée pour urgente nécessité des réparations à faire au grand comble de cette église..."(5)
Il y a toujours un malheureux pour rater les rendez-vous de l’Histoire : " le 13 juillet, a été inhumé dans le cimetière de St Fargeau Charles Reignier, 57 ans, ouvrier charpentier chez le sieur Beugnot, maître charpentier à Ponthierry …" (6)La Révolution Serrurier
Pour le sieur Boimont, serrurier à Ponthierry, le premier 14 juillet n’est pas chômé ! Il commence par aller au Coudray, chez le Prince de Chalais, Seigneur de St Fargeau, Tilly, etc…. Il y livre " un passe-partout et trois tringles limées et polies pour le ciel (de lit) de la petite princesse ". A la ferme de St Fargeau, il installe " un fort pivot fourchu pour la porte de la grange avec son crapaudin pesant dix-huit livres ". Enfin, il rentre par Tilly où il fournit, en prévision de la prochaine vendange, " des clous, huit fortes poignées en équerre et un fort manche de fer pour tenir le cordage du pressoir ".(7)
Et pendant ce temps-là, il y avait des Ferréopontains à la prise de la Bastille !
Pour découvrir leur présence, il nous faut avancer de quatre ans sur le cadran de l’Histoire, une Histoire qui tourne au tragique : automne 1793, c’est le début de la Terreur. Le 16 octobre, la Reine Marie-Antoinette est exécutée à Paris. Le même jour, dans une cellule du Palais de FontainebleauLa Révolution Augustin_1789 transformé en camp d’internement, un prisonnier prend la plume pour protester de son patriotisme et réclamer sa libération.
Florentin Engramelle est un religieux de l’ordre des Petits Augustins. Depuis 1660, leur couvent de Paris possédait entre Saint Fargeau et Tilly un magnifique clos de vignes, descendant jusqu’à la Citanguette, qu’ils faisaient cultiver par les vignerons du pays, sous le contrôle d’un frère régisseur. En 1763, Engramelle, procureur de l’ordre, avait dressé le plan de cette terre des Bordes (Cool. Les Pères Augustins restaient des ‘‘horsains’’, des résidents secondaires, mais étaient bien intégrés dans le pays, remplaçant le curé à l’occasion. En 1782, la paroisse leur avait concédé des places dans le choeur " par reconnaissance de leurs bienfaits à l’Eglise et bons services aux habitants"(9). Mais les Ferréolais avaient dû sourire en voyant Florentin, filet à la main, courir après quelque spécimen rare pour ses ‘’Papillons d’Europe peints d’après nature’’ publiés peu avant la Révolution.
Pour l’heure, c’est lui qui cherche à échapper à la capture. La politique de déchristianisation vient de se mettre en marche – il a été arrêté le 22 septembre - mais le Comité de Surveillance de Fontainebleau semble encore modéré. Alors, pour plaider sa cause, il va faire appel au grand mythe fondateur de la République !
La Révolution Gardes_fr_1789Le 14 juillet 1789, écrit-il, j’étais à Paris : " après la prise de la Bastille, je me suis transporté, avec ma section et mes anciens confrères (augustins), dans toutes les casernes des ci-devant gardes-françaises (qui étaient intervenus d’une manière décisive aux cotés des insurgés). Nous avons recueilli les blessés que nous avons fait transporter dans notre maison où ils ont été traités avec un soin vraiment fraternel. Et le lendemain, j’ai chanté une messe à la paroisse de Saint Sulpice pour nos frères tués au siège de la Bastille ".(10)
Devant une telle preuve de dévouement au service des corps et des âmes des premiers martyrs de la Révolution, le Comité de Surveillance ne peut que s’incliner : Florentin est libéré le 22 octobre 1793. Après bien d’autres aventures, il mourra octogénaire, vicaire à Fontainebleau, en 1814.
Car, en 1793, il n’était plus question d’Augustins ni à Saint Fargeau ni ailleurs : après la prise de la Bastille, tout était allé très vite. Le 2 novembre 1789, les biens du clergé avaient été mis à la disposition de la Nation : la nouvelle municipalité en avait profité pour bloquer l’enlèvement des vins du domaine (3). Le 13 février 1790, les Augustins, comme tous les ordres religieux, étaient pratiquement supprimés. Enfin, le 24 décembre 1790, le sieur Loisiel s’offrait en cadeau de Noël le clos des Bordes, vendu 38500 livres comme bien national.(11)

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Message  livaste le Lun 13 Juil - 19:19

CHRONOLOGIE DE LA REVOLUTION FRANCAISE



1789


24 janvier 1789
Lettres du roi, convoquant ses sujets pours les élections aux états généraux et établissant le réglement électoral. Le vote a lieu par ordre, avec doubement des élus du tiers état, et s'étale de mars au 20 mai (àParis)

27 janvier 1789
Affrontements à Rebbes entre nobles et étudiants

27 avril 1789
Emeute à Paris, au faubourg Saint-Antoine, contre le fabricant de papier peints Réveillon.

30 avril 1789
Emeute à Marseille, où la foule s'empare de trois forts et tue l'un de leurs commandants, le chavalier de Beausset.
Première réunion à Versailles du "Club breton" réunissant les députés du tiers état de bretagne.

2 mai 1789
Louis XVI reçoit à Versailles les représentants de la nation, les députés des trois ordres (le nombre ne peut être fixé avec certitude : entre 1118 et 1196)

4 mai 1789
Procession d'ouverture des Etat généraux. Les trois ordres défilent en suivant un protocole : Les députés du clergé en habit de cérémonie; La noblesse en costume de soie épée et chapeau; et le Tiers état en habit noire
Languedoc manifestations réclamant la taxation du prix du pain.

5 mai 1789
Ouverture des état généraux salle des Menus-Plaisir. histoire


6 mai 1789
Brissot* publie le premier numéro du Patriote français*. Un arrêt du Conseil d’état interdit la publication toute espèce de journaux sans autorisation expresse.
Versailles. Les députés du Tiers se réunissent dans la salle des États, tendis que le clergé et la noblesse décident de verifier séparément leurs pouvoirs respectifs.

7 mai 1789
Saisie du journal* de Mirabeau*. Interdiction de publier des comptes rendus des séances des états.

8 mai 1789
L’assemblée des électeurs du Tiers état de la ville de Paris proteste contre l’arrêt du Conseil d’état, qui viole la liberté de la presse réclamée par la France entière .


10 mai 1789

Mirabeau* publie la première des Lettres à mes commettants.

11 mai 1789
Le clergé propose aux deux autres ordres de nommer des commissaires conciliateurs.

18 mai 1789
Débuts de Robespierre* à la tribune parlementaire.

19 mai 1789
Les journaux sont autorisés à rendre compte des séances des état, mais sans réflexions ni commentaires.
L’abbé Sieyès* est élu vingtième député du Tiers état de Paris, par 127 voix sur 247 votants.

20-22 mai 1789
Le clergé et la noblesse abandonnent leurs privilèges fiscaux et acceptent l'égalité devant l'impôt.

27 mai 1789
Le Tiers état adjure le clergé de se réunir à lui dans la salle commune.


4 juin 1789
Échec des conférences des commissaires conciliateurs.
Mort du Dauphin* Louis Joseph Xavier fils ainé de Louis XVI âgé de 7 ans

6 juin 1789
L’archevêque d’Aix se présente à l’assemblée du Tiers pour l’inviter à conférer avec le clergé et la noblesse sur les moyens d’adoucir le sort des indigents.
Paris. lors de l'Assemblé des électeurs, Nicolas de Bonneville* intervient pour exiger l'armement de la capitale.

10 juin 1789
Sieyès* propose d’appeler une dernière fois les deux premiers ordres et de commencer la vérification des pouvoirs, même en leur absence.

12 juin 1789
Vérification de tous les pouvoirs des députés par le tiers état

13 juin 1789
les trois premiers curés ( Le Cesve, Ballard et Jallet) viennent se réunir au Tiers.

14 juin 1789
L'abbé Grégoire* vient siéger avec le Tiers.

17 juin 1789
Déclaration du Tiers sur la constitution de l'Assemblée constituante.

19 juin 1789
Paris le député de Bigorre, bertrand Barère de Vieuzac*, publie le premier numéro de son journal, le point du jour.

20 juin 1789
Fermeture des portes de la salle des séances de l'Assemblée nationale. Réunion et serment du jeu de paume

21 juin 1789
Louis XVI* reçoit une députation de la noblesse.

22 juin 1789
Louis XVI* signe l'ordre de marche appelant à Paris le régiment suisse en garnissons.
Les députés Tiers s'assemblent dans l'église Saint-Louis de Versailles. Cent cinquante membres du clergé et deux de la noblesse se réunissent aux Communes.


Armentière. Une émeute de la fain provoque l'intervention du régiment de Condé

23 juin 1789
Louis XVI* tient séance royale à l'Assemblée nationale.

Apostrophe de Mirabeau* au marquis de Dreux-Brezé, grand maître des cérémonies.

L'Assemblée nationale déclare inviolable la personne de ses membres.

25 juin 1789
Quarante-sept membres de l'ordre de la noblesse viennent se réunir au Tiers.
Création à Paris de la milice bourgeoise.


26 juin 1789
Le roi fait appeler à Paris, trois régiments d'infanterie, et trois régiments de Cavalerie. stationnés dans l'Est

27 juin 1789
Le roi accepte la réunion général et totale des trois ordres.

1 juillet 1789
Le roi appelle à Paris le régiment suisse en garnison à Metz.
du 1 au 5 juillet violentes émeutes de l'octroi à Lyon

3 juillet 1789
Le duc Philippe d'Orléans*, proclamé président de l'Assemblée nationale, se désiste; l'archevêque de Vienne, Mgr Lefranc de Pompignan*, est élu à sa place.


8 juillet 1789
Mirabeau* dénonce à la tribune de l'Assemblée nationale les préparatifs de la Cours.(projet de Contre-Révolution)

9 juillet 1789
L'Assemblée nationale prend le non d"Assemblée nationale constituante"

10 juillet 1789
Émeute des ouvriers aux ateliers de Montmartre.
Refus du roi de renvoyer les troupes qui affuent à Paris et dans les environs.

11 juillet 1789
Necker* est renvoyé.

12 juillet 1789
A Paris, manifestation en l'honneur de Necker*; fermeture de la bourse; au palais-Royal, Camille Desmoulins* appel aux armes; charge du prince de Lambesc* aux Tuileries; incendie des barrières; pillages nocturnes.

13 juillet 1789
l'Assemblée envoie une députation au roi pour lui demander de renvoyer les troupes et de confier la garde de la capitale à la milice bourgeoise. Elle arrête également que si le roi agrée sa requête quatre-vingts de ses membres iront porter à Paris cette nouvelle consolante.


14 juillet 1789

Distribution des armes à la population parisienne sur l'esplanade des Invalides; attaque et prise de la Bastille*; massacre de son gouverneur*; meurtre du prévôt des marchands Flesselles*.

15 juillet 1789
Bailly* est proclamé maire de Paris, La Fayette* devient commandant de la garde nationale; le peuple commence à démolir la Bastille.
A Rennes la foules s'empare de l'arsenal; les soldats refusent de tirer sur le peuple.
A Dijon, pillage des magasins d'armes.

16 juillet 1789

Le roi ordonne le renvoi des troupes rassemblées autour de Paris et rappelle Necker*.

17 juillet 1789

A l'aube, le comte d'Artois* quitte précipitamment Versailles; le signal de l'émigration est donné.
A dix heures du matin, Louis XVI*, accompagné de cent membres de l'Assemblée nationale, se rend à Paris, recevoir l'hommage de ses sujets; il reparaît à Versailles vers onze heures du soir.
A Lyon, pillage des magasins d'armes.

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